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Salon du Livre Africain de Paris 2026 : la jeunesse africaine s’invite au cœur de la capitale

La 5e édition du SLAP ouvre ses portes ce week-end avec 400 auteurs, 150 éditeurs et un thème qui dit tout de l’Afrique d’aujourd’hui : la jeunesse.

Ce week-end, au cœur du Paris littéraire entre Odéon et Saint-Germain-des-Prés, 400 auteurs et 150 éditeurs venus d’une vingtaine de pays se retrouvent pour parler de l’Afrique. Le Salon du Livre Africain de Paris tient sa 5e édition. Et le thème qu’il a choisi dit quelque chose d’essentiel sur le continent.

 

Pourquoi « Jeunesse africaine » est un thème politique

Près de 60 % de la population africaine a moins de 25 ans. D’ici 2030, l’Afrique représentera 42 % de la jeunesse mondiale. Ces chiffres ne sont pas des statistiques abstraites — ils sont le cadre dans lequel vit, crée et écrit toute une génération d’auteurs africains. En choisissant « Jeunesse africaine » comme thème de cette 5e édition, le SLAP fait un geste éditorial et politique fort : il affirme que la littérature africaine est, avant toute chose, une littérature d’avenir.

Cette jeunesse est à la fois le sujet et le public. Elle est celle qui traverse les frontières — légalement ou non. Celle qui regarde les réseaux sociaux autant que les livres. Celle qui parle nouchi, lingala, wolof et français dans la même phrase. Celle qui fait de la musique dans des studios de Dakar, Abidjan et Lagos et qui écrit des romans depuis des appartements à Paris, Bruxelles ou Montréal. La littérature qui lui est consacrée est nécessairement hybride, plurilingue, transnationale.

Le Bénin en invité d’honneur, l’Angola en invité spécial

Cette édition 2026 met à l’honneur le Bénin — pays dont la scène littéraire francophone est l’une des plus riches et des plus méconnues d’Afrique de l’Ouest. Patrie de Paulin Hountondji, de Florent Couao-Zotti, de Théo Ananissoh, le Bénin a une tradition littéraire profonde que le SLAP contribue à rendre visible en Europe. L’Angola, invité spécial, apporte une dimension lusophone qui enrichit la conversation littéraire africaine au-delà du seul espace francophone.

Cette ouverture est caractéristique de l’ambition du SLAP : ne pas réduire la littérature africaine à sa seule dimension francophone. Une vingtaine de pays sont représentés. Des auteurs écrivent en français, en anglais, en portugais, en arabe, en langues africaines. C’est cette diversité qui fait la force du salon — et qui le distingue des espaces littéraires africains franco-centrés.

400 auteurs, 40 conférences, deux prix littéraires

Le programme de cette 5e édition est dense. Quarante conférences thématiques couvrent un spectre large — histoire, littérature, économie, politique, écologie, sciences, philosophie — toutes centrées sur la thématique de la jeunesse africaine et sur les lettres béninoises et angolaises. Des séances de dédicaces permettent au public de rencontrer directement les auteurs.

Parmi les auteurs présents cette année : Marguerite Abouet (créatrice de la bande dessinée Aya de Yopougon), Véronique Tadjo (auteure ivoirienne récompensée dans plusieurs pays), In Koli Jean Bofane (auteur congolais de Congo Inc.), Amadou Elimane Kane (poète sénégalais), Yamen Manai (auteur tunisien Prix de la SCAM), Nimrod (poète tchadien), Rodney Saint-Éloi (éditeur et auteur haïtien), Fawzia Zouari (romancière tunisienne). Une constellation de voix africaines et afro-descendantes qui couvre quatre continents.

Deux prix littéraires ponctueront le week-end : le Grand Prix Afrique le samedi 21 mars à 15h, et le Prix du Beau Livre Africain de la Maison de l’Afrique le dimanche 22 mars à 15h — tous deux remis à l’Hôtel de l’Industrie, premier immeuble parisien à avoir été éclairé à l’électricité.

Une édition marquée par un changement de lieu de dernière minute

Les organisateurs du SLAP ont dû faire face cette année à un changement de salle de dernière minute. Ce type de contrainte logistique — récurrent pour les événements culturels africains en Europe — rappelle la fragilité des conditions dans lesquelles se construit la visibilité de la littérature africaine dans l’espace culturel européen. Malgré cela, le salon se tient dans deux lieux emblématiques du Paris intellectuel : le Réfectoire des Cordeliers, haut lieu de la Révolution française, et l’Hôtel de l’Industrie.

Le SLAP lance par ailleurs lors de cette édition la Place des Auteurs Francophones Africains — une nouvelle plateforme dédiée à la visibilité et à la promotion des écrivains africains de langue française. Une initiative structurante pour un espace éditorial encore trop fragmenté.

Pourquoi c’est important pour Panafreec’art culture

Le Salon du Livre Africain de Paris est exactement l’événement que Panafreec’art culture doit documenter et amplifier. Il incarne la vitalité de la littérature africaine et de ses diasporas — notre rubrique Littérature dans toute sa richesse. Il réunit en un même lieu des auteurs que nous avons couverts ou que nous couvrirons : des Sénégalais, des Ivoiriens, des Congolais, des Tunisiens, des Haïtiens. Il est gratuit et ouvert à tous — ce qui en fait un espace démocratique de la culture africaine.

Pour ceux qui sont à Paris ce week-end : l’accès est libre et gratuit. Le Réfectoire des Cordeliers est au 15 rue de l’École de Médecine, 75006 Paris.

La jeunesse africaine est le thème de cette édition. Elle est aussi son public naturel — et son avenir.

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